FACE À FACE À LA GALERIE OLIVIER ROUSSEAU

FÉVRIER 2019
37000 TOURS


PARIER, RISQUER, AIMER, PARTAGER, VOICI CE QUI ANIME OLIVIER ROUSSEAU À LA TÊTE DE LA GALERIE QUI PORTE SON NOM, EN PLEIN CENTRE ARTISTIQUE ET HISTORIQUE DE TOURS. À PIED, DEUX MINUTES POUR SE RENDRE AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS, LIEU EMBLÉMATIQUE DE LA VILLE, CINQ POUR SE PÂMER DEVANT LES GRANDS FORMATS DU PEINTRE DE TOURAINE, OLIVIER DEBRÉ, AU CCCOD.

Une galerie comme il n'y en avait pas. Un lieu où l'on vous invite à prendre le temps et à partager sur et avec les artistes représentés. Aucun snobisme à l'horizon. Ce qui compte, c'est le talent.
Partager son travail avec un public averti ou en devenir. Rythmer les expositions, approcher les artistes, échanger comme dans la vie. Voilà le crédo d'Olivier Rousseau.
Face à face, deux artistes diamétralement opposés. Mais ce qui les relie se nomme « Poésie ». En entrant, on aime le côté clean de l'exposition. Ambiance des murs couleur gris bleuté du ciel de Loire, au sol, joli parquet en bois, un grand écran, en fond de perspective, une toile hyper moderne, bleu, blanc écru. Le style est présent. On se sent cerné, mais pas prisonnier.
Deux artistes exposent. Joseph-Antoine d'Ornano au passé artistique conséquent et Natacha Dumur, toute jeune tourangelle, qui nous offre sa toute première exposition.
Approchons. Sur la gauche, des petits formats, encre, aquarelle, parfois des pastels, des fusains qui vous captent comme des aimants, sublimement encadrés. Joseph-Antoine d'Ornano, artiste peintre, romancier, philosophe, poète, solitaire, élégant aime roder dans les librairies. Sans avoir lu cette nouvelle de Herman Melville « Bartleby le Scribe », il n'aurait sans doute jamais écrit. Ses dessins nous parlent du passé, du présent, le temps ne compte plus. La contemplation prend place. Délicatesse, sobriété, détails d'importance, le voyage s'amorce en douceur, l'imaginaire prend place. Scènes de jardin, de lieux de vie. Tout sauf « l’immédiateté ».

« Cela a l'aspect du précieux… en dire autant dans un si petit format, voyager ! Moi, j'ai du mal à travailler l'imperfection. J'admire le flou chez les autres. » avoue Natacha Dumur au sujet du travail de Joseph-Antoine d'Ornano.
« Le ressenti. Ce que j'aime, c'est l'apparente simplicité des choses. Une peinture qui nourrit. » voici, découvrant le travail de Natacha Dumur, la première réflexion de Joseph-Antoine d'Ornano.

Ils ne s’étaient jamais rencontrés. Aujourd’hui leurs œuvres se regardent, dialoguent. On passe d'un côté et de l'autre avec du temps, et interrogation.
« L’important c'est d'être soi » souligne Olivier Rousseau en parlant de ses artistes.

Mur de droite, grands formats, hyper modernes où le bleu tout en rondeur, pose questionnement. On s'approche pour presque toucher du regard le magnifique et délicat papier coton qui lui sert de fond. Grande fragilité opposée à une force gestuelle. À 27 ans, Natacha a derrière elle déjà beaucoup de travail. « Cela aurait pu continuer ainsi, toujours dans le « rush » création, marketing, salon, écran plus écran et passer à côté de la vie ». L'épuisement mental la gagne. Voilà pourquoi elle a repris ses pinceaux et crayons. Retour sur sa ville, Tours, sa Loire, sa famille. Le cœur vibre. Une envie de participer au rayonnement artistique du Val de Loire. Natacha Dumur a bien fait de pousser la porte de la galerie Olivier Rousseau, trois mois après, c’est son premier accrochage.
Le bleu sur pastel sec et gouache « très compliqué, très exigeant ». Elle maîtrise même jusqu'aux encadrements. Volontaire, on le sent, on le voit. « Kind of blue » de Miles Davis, c'est sa Madeleine de Proust. Cette mélodie qui a accompagné son enfance et la poursuit encore, sera donc le titre de sa première expo !

À voir jusqu'au 23 mars 2019 (interruption du 26 février au 2 mars).


TEXTE: CATHERINE TARALON
PHOTOS:MARC BROUSSARD
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Natacha Dumur

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Natacha Dumur

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Natacha Dumur

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Olivier Rousseau Galeriste à Tours entouré de Joseph-Antoine d'Ornano et Natacha Dumur

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Joseph-Antoine d'Ornano

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Joseph-Antoine d'Ornano